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Syngué Sabour (Pierre de Patience)

Sortie le 20/03/2013

Synopsis

Au pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville ; les combattants sont à leur porte.

La femme doit fuir avec ses deux enfants, abandonner son mari et se réfugier à l'autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante.

De retour auprès de son époux, elle est forcée à l'amour par un jeune combattant. Contre toute attente, elle se révèle, prend conscience de son corps, libère sa parole pour confier à son mari ses souvenirs, ses désirs les plus intimes... Jusqu'à ses secrets inavouables. L'homme gisant devient alors, malgré lui, sa "syngué sabour", sa pierre de patience - cette pierre magique que l'on pose devant soi pour lui souffler tous ses secrets, ses malheurs, ses souffrances... Jusqu'à ce qu'elle éclate !

Format:
Durée: 102 min.
Pays: France
Année: 2012
Support: DCP

La bande-annonce

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Atiq Rahimi livre un huis clos hallucinant, sensuel et dévorant. Un véritable trip qui ouvre les esprits et embrase les corps.

Première

Un captivant huis clos tiré du prix Goncourt 2008.
Un récit fiévreux, intense et sensuel.
Atiq Rahimi évoque sans détour la sexualité, à travers le désir féminin.

Télérama

Un film fort, attachant et significatif.

Focus vif

Une mise en scène épurée et réaliste.

Le Soir

Un film vivant et poignant, héroïque et érotique. Une réussite !

La Libre

Une force d'évocation rare, un narration puissante et une actrice exceptionnelle.
On entre dans l'intimité de la femme comme par effraction, et on en ressort libéré, ébloui, ému.
A lire et à voir absolument !

Moustique

SYNGUÉ SABOUR – PIERRE DE PATIENCE est votre deuxième long-métrage.
Il est l’adaptation de votre roman. L’idée d’en faire un film était pour vous
une évidence ?


Lorsque j’ai fini d’écrire Syngué sabour – Pierre de Patience, mon éditeur l’a
envoyé à différentes personnalités. Jean-Claude Carrière m’a appelé depuis sa
maison du sud en plein été : " Je trouve ton roman formidable, ça peut faire
un beau film ! ” Dans le même temps, Jeanne Moreau que je ne connaissais
pas, m’adresse un mail : " Votre éditeur m’a envoyé votre livre, j’ai adoré, ça
pourrait donner un beau film ! ”

Le huis clos n’était pas un frein ?

C’est une idée fausse de croire que tout ce qui est a priori clos est théâtral. Il
y a dans l’histoire du cinéma beaucoup de films qui prouvent que la question
du confinement n’est pas un obstacle mais un vrai atout cinématographique.

Qu’est-ce qu’un film pouvait apporter de plus à votre roman ?

L’adaptation cinématographique pose d’emblée un problème moral, éthique.
L’idée de me répéter était évidemment exclue. Je suis persuadé que chaque
art révèle une dimension particulière d’une histoire. Ce que le cinéma peut
raconter, un roman ne peut le faire. Un verre selon qu’il est photographié,
dessiné, décrit ou filmé n’a pas la même réalité. Le cinéma est avant tout
une affaire de temps. Dans TERRE ET CENDRES, je filmais l’attente durant le
deuil. Pour SYNGUÉ SABOUR – PIERRE DE PATIENCE, j’ai dit à Jean-Claude
Carrière dès le début de l’écriture du scénario: " Je veux filmer la parole ! ”
Jean-Claude m’a tout de suite répondu par cette phrase magnifique d’Ingmar
Bergman : " Une histoire racontée n’est pas celle qui est entendue. ” Le champ
des possibles est donc énorme.

Comment filmer la parole ?

Filmer la parole comme acte et non pas comme information. Le cinéma est le seul art où vous pouvez montrer une infinité de situations en même temps. La parole mais aussi la pensée, les gestes. Dans SYNGUÉ SABOUR – PIERRE DE PATIENCE, il y a cette séquence où la femme caresse l’homme ; son regard est d’abord tourné vers l’extérieur puis elle se tourne vers le visage de son mari et lui dit : " Pourvu qu’une balle perdue t’achève ! ” Cette parole cruelle entre en contradiction avec la tendresse de son regard et de son geste. L’ambiguïté de l’être humain se révèle alors à l’écran. En littérature, j’aurais dû tout expliquer et le texte aurait perdu toute la force de suggestion.

Si le pays dans lequel se déroule l’intrigue n’est jamais clairement cité, on
reconnait évidemment l’Afghanistan…


L’Afghanistan cristallise toutes les contradictions humaines possibles. Pour
moi, l’Afghanistan aujourd’hui c’est comme LA GUERRE DES ÉTOILES de
George Lucas. La vie ressemble à celle du Moyen Âge (les habits, la vie sociale,
les valeurs religieuses...) et d’un autre côté, les armes sont les plus sophistiquées du monde. Ces contradictions sont intéressantes à filmer. C’est un pays où les choses se révèlent : les êtres, la lumière, les montagnes, la nature, la guerre, la politique, la religion… C’est très cinématographique !

Outre la parole, le corps permet aussi la libération…

La femme afghane, comme toutes les femmes du monde, a un corps, des rêves,
des désirs, des plaisirs… Dans une société phallocrate, tout lui est retiré. Nous
sommes ici en Afghanistan avec les barbus, les talibans, et au milieu de tout
ça, il y a une femme qui ressent des choses. Pour qu’un être opprimé dans
un pays comme l’Afghanistan puisse enfin prendre la parole, il fallait d’abord
paralyser ce système dictatorial. À travers le corps inerte du mari, c’est tout
le système qui est paralysé, blessé… Celui de l’héroïne peut enfin s’ouvrir
et s’épanouir. Prenez le jeune soldat : il se croit supérieur - comme tous les
hommes - mais lorsqu’il découvre l’amour et la faiblesse de son corps, tout
change en lui. Plus que d’une femme, je parle ici d’un être opprimé sexuellement, religieusement, politiquement , culturellement, socialement… La femme n’est pas idéalisée non plus.




Bruxelles
       Actor's Studio (Petite rue des Bouchers, 16 à 1000 Bruxelles)
 Mer. 22/05 (VO st Bil.) : 15:30
 Jeu. 23/05 (VO st Bil.) : 15:30
 Ven. 24/05 (VO st Bil.) : 15:30
       Vendôme (Chaussée de Wavre, 18 à 1050 Ixelles)
 Mer. 22/05 (VO st Bil.) : 19:00
 Jeu. 23/05 (VO st Bil.) : 13:50, 19:00
 Ven. 24/05 (VO st Bil.) : 13:50, 19:00
Luxembourg
       Le Foyer (Place Saint Etienne à 6723 Habay-la-Vieille)
 Mer. 22/05 (VO st Bil.) : 20:15
Namur
       Ciné Gedinne (Rue de la Croisette, 11 à 5575 Gedinne)
 Mer. 22/05 (VO st Bil.) : 20:15