Du scénario, sinueux et sous tension permanente, à la mise en scène aiguisée de Rochant, le film remplit haut la main son cahier des charges, déployant en moins de deux heures (un exploit ces temps-ci) une intrigue aussi dense qu'implacable. Mais c'est au final lorsqu'il s'en écarte qu'il devient réellement passionnant. Dans ces moments d'intimité où la caméra s'approche au plus près de Cécile de France et de Jean Dujardin pour, littéralement, regarder leurs corps tomber amoureux – la sensualité qui s'en dégage est hors du commun. Loin du thriller mental que promettait son teaser, Möbius est d'abord une oeuvre charnelle. Un film d'espionnage qui transpire, saigne et vous laisse la gorge serrée quand arrive le générique de fin.
Première