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Les Chats Persans

Disponible à la vente
Disponible également en Blu-ray, Film

Synopsis

Le film qui chante, hurle et scande la liberté. Prix UN CERTAIN REGARD, Festival de Cannes 2009.
A leur sortie de prison, Negar et Ashkan, deux jeunes musiciens iraniens, décident de monter un groupe underground. Lassés de ne pas pouvoir s’exprimer librement dans leur pays, ils tentent par ailleurs de se procurer clandestinement des papiers pour rejoindre l’Europe. Ils font la rencontre de Hamed, qui les accompagne dans leurs démarches, et parcourent avec lui Téhéran à la rencontre d’autres musiciens, essayant de les convaincre de quitter le pays avec eux et de monter un grand concert clandestin pour financer leur fuite.

Format: 16/9 compatible 4/3 (1.85)
Durée: 101 min.
Langue(s): Farsi Dolby Digital 5.1 - Français Dolby Digital 5.1
Sous-Titres: Français, Nederlands
Pays: Iran
Année: 2009
Edition : Standard
Zone 2
Format de disque: 1 X DVD-9
Bonus: Bande-annonce

Tag: Musique, Drame

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Entretien avec Bahman GhobadiMamad Haghighat : Pourquoi avez-vous adopté un ton et un style qui diffèrent de vos précédents films ?

Bahman GHobadi : Dans ce dernier, je tente de m’approcher du rythme et du dynamisme de la vie mouvementée de Téhéran. J’ai voulu montrer la capitale sous un angle différent. La musique et notamment les textes des chansons ont influencé le rythme du film.

M.H : C’est la première fois que vous tournez dans une ville, et en particulier à Téhéran. Pourquoi avez-vous abandonné la région du Kurdistan ?

B.GH : J’avais déjà tourné quelques courts métrages dans ma ville natale, Baneh, et j’avais envie de tourner ce film à Téhéran pour plusieurs raisons. Beaucoup de gens me disaient que je ne tournais qu’au Kurdistan. D’autre part, le gouvernement iranien et certains professionnels du cinéma me reprochaient d’être un séparatiste Kurde ! Ce qui est vraiment idiot ! Je n’avais tout simplement pas besoin de tourner ces films en ville. Dernièrement, j’ai eu un projet dont le sujet se passe à Téhéran intitulé «60 secondes à propos de nous». J’ai préparé ce film pendant deux ans, pour finalement ne pas pouvoir obtenir l’autorisation de tourner. J’ai perdu deux années de ma vie. Alors, j’ai acheté une caméra «SI2K» afin de ne plus dépendre de l’Etat car le matériel 35 mm lui appartient et qu’il est nécessaire d’avoir une autorisation de tournage pour pouvoir les louer. Quand j’ai acheté cette caméra, j’ai immédiatement voulu la tester. J’ai rencontré des groupes de musique underground dont la passion m’a attiré. C’est ainsi que pendant trois semaines je les ai filmés, sans relâche et sans autorisation...

M.H : Dans la plupart de vos films, la musique et les musiciens ont un rôle important. D’où cette passion vous vient-elle ? Êtes-vous musicien ?

B.GH : J’adore la musique. Si je n’étais pas devenu cinéaste, je serais sûrement musicien ou chanteur. Je sais jouer la musique kobeyi, et mes amis disent que ma voix n’est pas mal ! D’ailleurs, j’enregistre en ce moment mon premier album.

M.H : C’est la première fois que l’on ose dénoncer au cinéma la sévérité de l’État à l’égard des jeunes contestataires. Vous prenez des risques en traitant d’un tel sujet en Iran. Comment la préparation s’est-elle passée ?

B.GH : J’ai été assez angoissé pendant le tournage. Nous n’avions pas d’autorisation. Les repérages puis le tournage ont été faits sur deux ou trois motocyclettes et nous avons commencé à tourner sans réelle préparation. Les scènes devaient être tournées rapidement et dans l’urgence pour que la police ne puisse pas nous repérer. Pour la scène de l’arrestation de David, nous avons dû transformer une voiture ordinaire en voiture de police, acheter des uniformes de policiers et les faire tailler sur mesure pour les comédiens. J’ai le sentiment qu’en dix-sept jours de tournage j’ai vieilli de dix-sept mois. Horribles conditions pour faire des films!

M.H : Pensez-vous que ce film ait une chance de sortir en Iran ?

B.GH : Je suis sûr à cent pour cent que ce film ne sortira pas en Iran. Il est même probable que mes collègues aient des ennuis. Mon film précédent a été censuré et le DVD n’est sorti qu’au marché noir. Que le film sorte ou non ne change rien pour moi car UN TEMPS POUR L’IVRESSE DES CHEVAUX, et LES TORTUES VOLENT aussi ont été distribués dans une seule salle, et pendant dix à quinze jours seulement! C’est idiot, n’est-ce pas ?

M.H : D’où vient l’idée de ce film ?

B.GH : J’étais triste et découragé parce que mon dernier film avait été censuré et également parce que je ne parvenais pas à obtenir d’autorisation pour mon projet. Ma fiancée, Roxana Saberi tentait de me consoler et m’a conseillé de faire un film sur la situation dans laquelle je me trouvais. Au même moment, j’enregistrais sans autorisation dans un studio pour un disque. C’est là que j’ai rencontré Askan et Negar, les deux comédiens du film, et que j’ai pu, peu à peu, entrer dans leur vie et leur univers... Au départ, je n’avais pas de scénario, mais cela ne m’empêchait pas d’aller les filmer avec une petite équipe. Ensuite, avec un ami, Hossein, nous avons commencé à écrire un scénario et à improviser chaque jour. Pendant le tournage, la police nous a arrêtés à deux reprises, ce qui nous a fait perdre deux journées. Mais grâce à des cadeaux (DVD s de mes films précédents), ils nous ont relâchés. Nous étions obligés de mentir. Nous leur disions par exemple que nous faisions un film sur la drogue. Ils nous demandaient des autorisations et nous devions faire appel à un ami pour arranger les choses...

M.H : Que signifie le titre de votre film ?

B.GH : Nous n’avons pas le droit de sortir ni avec un chat ni avec un chien. Par contre, dans nos maisons nous avons des chats, chers à nos yeux et d’ailleurs les chats persans coûtent très cher. Je les compare aux jeunes protagonistes de mon film, sans liberté et obligés de se cacher pour jouer de la musique. D’ailleurs, en allant chez les musiciens, j’ai remarqué que les chats aimaient rester devant les amplis pour écouter la musique !!

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