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Le Sel de la Terre

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Disponible également en Blu-ray, Film

Synopsis

Depuis quarante ans, le photographe Sebastião Salgado parcourt les continents sur les traces d’une humanité en pleine mutation. Alors qu’il a témoigné des événements majeurs qui ont marqué notre histoire récente : conflits internationaux, famine, exode…
il se lance à présent à la découverte de territoires vierges aux paysages grandioses, à la rencontre d’une faune et d’une flore sauvages dans un gigantesque projet photographique, hommage à la beauté de la planète. 

Sa vie et son travail nous sont révélés par les regards croisés de son fils, Juliano, qui l’a accompagné dans ses derniers périples et de Wim Wenders, lui-même photographe.

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Sélection Officielle (Un Certain Regard), Festival de Cannes
Sélection Officielle (Artists on Film), Film Fest Gent

Format: 16/9 compatible 4/3 (1.85)
Durée: 109 min.
Langue(s): English Dolby Digital 2.0 & 5.1 - Portugais Dolby Digital 2.0 & 5.1 - Français Dolby Digital 2.0 & 5.1
Sous-Titres: Français, Nederlands
Pays: Allemagne, France
Année: 2014
Edition : Standard
Couleur
Zone 2
Format de disque: 1 X DVD-9
Bonus: plus de 35 minutes de scènes coupées
Durée Bonus: 35 min.

Tag: Documentaire

La bande-annonce

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De Duitse regisseur en documentairemaker Wim Wenders pakt uit met misschien wel zijn beste documentaire ooit. Het onderwerp is de Braziliaanse fotograaf Sebastiao Salgado, een man met een unieke visie op de wereld en een diepe liefde voor de mens.

De Tijd

Un docu sublime, ponctué de témoignages de l’artiste et de ses images à couper le souffle. Poignant et terrassant.

L'Avenir

Un film qui va bien au-delà du portrait d’artiste, et qui ressemble en sa lumière comme en ses ombres à une lettre d’amour à la planète bleue, avec certains mots qui résonnent dans la tête (« La destruction de la nature n’est pas irréversible »). Un film qu’il faut se dépêcher de voir, et qu’importe que l’on soit photographe ou non.

Le Soir

Le Sel de la terre est à la fois une palpitante leçon d'histoire et de géographie et le portrait subtil d'un arpenteur d'exception.

Le Parisien

Une expérience humaine extraordinaire en forme de voyage qui exalte, bouleverse et horrifie, avant de finir sur une note optimiste.

Première

Un hommage à la beauté de la planète.

Télérama

Un voyage photographique beau et bouleversant.

Les Inrockuptibles

Un documentaire à la dimension légendaire.

Le Figaro

Une somptueuse plongée dans le travail et l’intimité d’un des plus grands photographes au monde.

Moustique

ENTRETIEN AVEC WIM WENDERS

Depuis quand connaissez-vous Sebastião Salgado ? Son travail vous avait-il frappé avant que vous le rencontriez ?

Je connais le travail de Sebastião Salgado depuis presque un quart de siècle. J’ai acheté deux de ses tirages, il y a bien longtemps, deux photos qui m’avaient réellement parlé, et ému. Je les avais fait encadrer, et depuis, elles sont accrochées au dessus de mon bureau. Peu après avoir acheté ces photos, j’ai été voir une exposition de Sebastião, Workers. Je n’ai jamais cessé depuis d’être un admirateur inconditionnel de son travail. Je n’ai rencontré l’homme qu’il y a cinq ou six ans.

Quel a été pour vous le déclencheur du projet LE SEL DE LA TERRE ?

Nous nous sommes rencontrés dans son atelier parisien.  Il m’a  montré  son  travail  en cours, et  j’ai  pu  ainsi  jeter  un  premier  regard  sur  Genesis.  Cela  m’est  aussitôt  appa- ru comme un  nouveau  projet  formidable  et, à  l’image  de  ses  précédents  engagements, un projet à très long terme ! J’ai tout de suite été fasciné par son implication et sa déter- mination. Puis nous nous sommes revus, avons découvert notre passion commune pour le football, avons commencé à parler de la photographie en général. Et puis, un jour, il m’a demandé si je pouvais envisager de me joindre à lui et à son fils Juliano pour une aventure dans laquelle tous deux étaient déjà engagés, et pour laquelle ils sentaient la nécessité d’un autre point de vue, d’un regard extérieur.

Lorsque vous avez décidé de coréaliser le film avec Juliano, avez-vous eu des pro- blèmes à résoudre ? L’abondance de matériel, le choix des photos ? Outre les sé- quences de Juliano filmant son père, avez-vous eu recours à des archives ?

Le plus grand problème était évidemment l’abondance de matériel. Juliano avait accom- pagné son père plusieurs fois autour du monde. Il existait donc déjà des heures et des heures de film. J’avais projeté de me joindre à Sebastião pour au moins deux « missions » : une à l’extrême nord de la Sibérie, l’autre pour un survol en ballon de la Namibie. Etant tombé malade, j’ai dû renoncer à ces voyages. À leur place, j’ai commencé à me concentrer sur le patrimoine photographique de Sebastião, et nous avons  alors  enregistré  plu- sieurs conversations à Paris. Mais plus j’avançais, plus j’avais de questions à lui poser, et plus la nécessité de plonger dans ses archives s’est imposée.

Votre présence dans le film est chaleureuse et discrète. Où et quand ont eu lieu les entretiens que vous avez eus avec Sebastião Salgado ? Et qu’est-ce qui a présidé au choix des photos que vous commentez avec lui ?

Le choix des photos a été fait en commun. Il était plus ou moins dicté par celui des histoires que Sebastião raconte et que nous avons gardées dans le film. Mais il en avait mille autres…Pendant les interviews initiales, j’étais présent à l’image. Mais plus nous parlions, plus je sentais qu’il fallait que je « disparaisse » et que je laisse le premier plan à Sebastião lui-même et surtout à ses photos. Elles parlent d’elles-mêmes ! J’ai donc imaginé un autre dispositif, une sorte de chambre noire bis, où Sebastião serait assis seul en face d’un écran, regardant ses photos et répondant à mes questions à leur sujet. La caméra était placée derrière l’écran, filmant à travers ses photos, si l’on peut dire, à l’aide d’un miroir à demi transparent. J’ai pensé que c’était la meilleure façon pour un public de l’entendre parler de son travail et en même temps de voir son œuvre. Nous avons ainsi éliminé les interviews traditionnelles, n’en conservant que des fragments. Mais il faut dire que nos séances de « chambre noire » ont demandé beaucoup de préparation !

L’encouragiez-vous à commenter ses photos en les replaçant dans l’époque et dans les lieux où elles ont été prises ? Mines d’or au Brésil, famine au Sahel, génocide au Rwanda…Elles sont pour la plupart tragiques. Vous ne les trouviez jamais « trop belles » comme certains lui ont reproché ?

Pendant ces séances de « chambre noire », nous avons parcouru l’ensemble de l’œuvre photographique de Sebastião, plus ou moins en ordre chronologique, ceci pendant  une bonne semaine. C’était très éprouvant pour lui, et oui, pour nous aussi derrière la camé- ra, parce que beaucoup de ces histoires, de ces voyages, sont terriblement perturbants, certains carrément horrifiants. Pour Sebastião, c’était comme s’il retournait sur ces lieux, et pour nous, ces voyages intérieurs « au cœur des ténèbres » étaient extrêmement dés- tabilisants. Parfois  nous devions nous arrêter, et j’avais besoin de sortir, d’aller marcher pour reprendre un peu de distance avec ce que j’avais vu et entendu. Quant à trouver ses images « trop belles » ou « trop esthétiques », je ne peux pas être moins d’accord avec cette « certaine critique » dont vous parlez. Si vous photographiez la misère et la souf- france, vous devez préserver la dignité de vos sujets, et vous garder de tout voyeurisme. Ce n’est pas facile. C’est possible uniquement si votre travail entre en profonde solida- rité avec les gens placés en face de vous, si vous vous immergez réellement dans leurs vies, si vous prenez conscience de leur situation. Peu de photographes en sont capables. Beaucoup d’entre eux  arrivent, prennent  quelques  clichés  rapides, et  repartent  aussitôt. Ce n’est pas la façon de procéder de Sebastião Salgado. Il passe beaucoup de temps avec ceux qu’il photographie, il devient leur ami, il partage leur vie autant que possible. Eprou- vant pour eux une véritable compassion, il accomplit son travail POUR ces gens, pour leur donner une voix. Je pense qu’il a rendu leur dignité aux personnes placées devant son objectif. Ses photos ne sont pas les siennes, ce sont les leurs.

Avez-vous eu recours à un scénario pour LE SEL DE LA TERRE, ou le film s’est-il plutôt écrit au montage ?

J’avais ébauché une sorte de conception du projet, et réalisé ensuite que notre « chambre noire » était bien une idée conceptuelle ! Mais comme pour tous les documentaires, il s’agissait surtout d’essayer de saisir le moment juste, de ne pas manquer ce qui était en train de se dérouler devant nous au nom d’une vision préconçue. Cela s’est révélé parti- culièrement vrai lorsque je suis allé au Brésil pour filmer Sebastião et sa femme Lelia sur les terres de leur fondation « L’instituto Terra ». Il fallait que je sois dans l’instant et à la fois que je suive le courant. C’était l’autre partie de ma contribution au SEL DE LA TERRE : tenter de mettre l’incroyable « autre vie » des Salgado en perspective. Leur engagement pour la reforestation de la forêt tropicale me semblant représenter un accomplissement aussi important que celui de l’œuvre photographique de Sebastião. En quelque sorte, je sentais que nous étions en train de réaliser deux documentaires en même temps, qui ne devaient  aboutir  à la fin qu’à un seul film.

Le documentaire propose le portrait d’un homme et la mise en lumière et en mou- vement de son travail. Il offre aussi une étude touchante de la relation père-fils. Ce double engagement était-il évident dès le départ ?
 
Rendre sensible la relation père-fils a été évident dès le début. Mais cette incursion dans l’intime pouvait aussi représenter un « piège ». Et il a été, me semble-t-il très sage de la part des Salgado, père et fils, de m’inclure dans l’aventure, afin de l’éviter. La perception de cette relation constitue désormais un élément très tendre du film. 

Une des marques de Salgado est son usage exclusif du noir et blanc. Vous-même dans vos films (AU FIL DU TEMPS, la vision de notre monde par les anges des AILES DU DÉSIR, L’ÉTAT DES CHOSES) l’utilisez avec brio, cela vous a-t-il rapprochés ?

Oui, sa maîtrise du noir et blanc est évidemment une chose avec laquelle je me sens en phase. Les moments où j’apparais dans LE SEL DE LA TERRE ont d’ailleurs été principale- ment réalisés en noir et blanc afin que ses photos s’y intègrent mieux. Le sujet a été aussi au cœur de nos conversations, l’une d’elle y étant entièrement dédiée. Cette dernière a été finalement supprimée : le travail sur le noir et blanc de Salgado s’explique largement par  lui-même, c’est  ma  conviction  !

La photographie est votre terrain commun, vous êtes vous-même un photographe connu et reconnu  (très  longtemps,  adepte  du  Leica,  comme  Salgado).  Beaucoup de vos personnages (Phlippe Winter dans ALICE DANS LA VILLE, Tom Ripley dans L’AMI AMERICAIN, ou Travis dans PARIS-TEXAS) ont affaire à des photos et (ou) à la photographie. Salgado connaît-il votre œuvre comme vous connaissez la sienne ?

Il a pris beaucoup de clichés pendant que nous tournions, de nous aussi, l’équipe derrière la caméra. Ainsi, j’aurais peut-être l’honneur d’apparaître sur quelques photos signées Sebastião Salgado ! Mais non, je ne crois pas qu’il connaisse mes films aussi bien que je connais ses photos, ceci en raison de la nature de notre travail. IL est le sujet de MON film, pas l’inverse.

À travers tout le film, on sent la présence, l’importance dans la vie et le travail de Salgado de sa femme, Lelia Wanik Salgado. S’est-elle associée activement à la réussite du SEL DE LA TERRE ?
 
Lelia et Sebastião travaillent ensemble depuis pratiquement  cinquante  ans.  Elle  est  la force active derrière les livres et les expositions de son mari, et ils ont construit sa grande entreprise photographique ensemble. Elle a donc bien  sûr  été  totalement  au  centre  du film. C’est une femme fantastique, très forte, très directe, honnête et bonne. Et aussi très drôle ! On rit beaucoup chez les Salgado.

La dernière partie du film est un voyage inattendu, à la fois intime et puissamment écologique. Le retour des Salgado dans la ferme familiale à Aimores au Brésil. Un somptueux paysage dévasté par la déforestation, et l’incroyable pari des Salgado -déjà, comme on le voit, en partie réussi -, de replanter 2 millions d’arbres. Peut-on parler, à la fois pour l’homme Salgado et pour le photographe des conflits les plus dramatiques, de « happy ending » ?

Dès le début, nous devions prendre en compte que les Salgado avaient une autre vie que la photographie : l’exceptionnel travail qu’ils ont entrepris en faveur de l’écologie. Et donc, dès le début je savais que je devais être attentif à raconter deux histoires en même temps. Leur mission de reforestation au Brésil et le succès quasi miraculeux qu’elle remporte, constitue peut-être, en effet, un « happy ending » pour Sebastião, après les abysses dans lesquelles il est tombé à son dernier retour du Rwanda, après les atroces expériences qu’il a connues là-bas. Non seulement il dédie son dernier gigantesque travail Genesis à la nature, mais on peut dire aussi que c’est la nature qui l’a sauvé, lui épargnant de perdre tout à fait sa foi en l’humanité.