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Foxfire

Sortie le 13/03/2013

Synopsis

1955. Un quartier populaire d’une petite ville des États-Unis.
Cinq adolescentes concluent un pacte à la vie à la mort : elles seront le gang Foxfire et vivront selon leurs propres lois. Mais cette liberté aura un prix…

Format: scope
Durée: 143 min.
Pays: Canada, France
Année: 2012
Support: DCP
Sons: Dolby SRD

Tag: Femmes, Drame, Jeunesse, Adolescence

La bande-annonce

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Un film inattendu, proche du meilleur du ciné indépendant US.
(…) En démythifiant cette époque, Cantet donne une ampleur romanesque à ces gamines qui apparaissent atemporelles.

Le Soir

Le film de Laurent Cantet évoque l'Amérique des années 50, à travers le prisme d'un gang de filles. Une démarche cinématographique humaine et politique, qui résonne avec le présent.
La reconstitution est d’une grande sobriété, le jeu des jeunes actrices résolument naturaliste, la tentation du pathos réduite à sa plus simple expression. Quant à la mise en scène, fluide et précise, elle se fait oublier au point d’engendrer subtilement une impression par endroits quasi documentaire.
(…)
Foxfire, confessions d’un gang de filles prend une modernité certaine, éveillant des échos de révoltes plus récentes, comme celles de "Ni putes ni soumises” dans les cités françaises, ou des Pussy Riot défiant tout à la fois l’Eglise et Poutine... L’universalité du film venant de son côté intemporel, de sa force intérieure due à ces filles qui l’animent et dont certaines (Raven Adamson en Legs, surtout) cannibalisent l’écran.

Focus Vif

Tout au long de ce récit passionnant, Laurent Cantet plonge au cœur de l’adolescence, en montre son potentiel d’imagination, sa force d’idéal, sa recherche de solidarité, sa capacité d’inventer de nouveaux modèles.

La Libre Belgique

L'intelligence du casting alliée à un engagement de jeu très anglo-saxon et à une direction d'acteurs impeccable confirment à nouveau le savoir-faire de Laurent Cantet quand il s'agit d'exposer les lignes de force d'un groupe.

Positif

Hautement sensuelles et farouchement contestataire, ces "Confessions d'un gang de filles" hanteront longtemps les rêves, et les cauchemars, des spectateurs.

Marianne

Attentif à ne surtout pas glorifier ses héroïnes, Laurent Cantet traque, sur un tempo de thriller à la tension parfois terrible, les limites les plus contestables de leur révolte, aidé dans sa démarche par une magistrale troupe d'actrices, majoritairement non professionnelles. Jusqu'à un épilogue en forme d'uppercut, dont le souffle follement épique empoigne autant qu'il interroge.

Première

Laurent Cantet reste fidèle à ses obsessions : peinture de l'adolescence, rapports de pouvoir et de classe, puissance du lien familial. (...)
Laurent Cantet joue à fond la carte du romanesque, met sa mise en scène au service de son histoire et filme avec justesse, ampleur et coeur la défaite de ces petites soeurs, qui sont aussi les nôtres.

Le Nouvel Observateur

Ces Foxfire telles que filmées par Cantet apparaissent comme les ancêtres des Femen, et autres  Pussy Riot plutôt que comme les grandes soeurs des féministes seventies. Ainsi, bien que situé dans les années 50, Foxfire est d'une brûlante contemporanéité. (...)
Foxfire explose les murs de l'école, littéralement et métaphoriquement, les gamines font sécession et Cantet les filme résolument "au présent", faisant corps avec leur élan, leurs conflits, leurs hésitations, se plaçant à leur hauteur, sans avance ni jugement.
Et s'il n'est pas un grand formaliste, le pouvoir d'attraction de ses films est réel et se situe ailleurs, peut-être justement dans le refus d'exhiber une toute-puissance de mise en scène.

Les Inrockuptibles

Joyce Carol Oates et Laurent Cantet ont placé des adolescentes qui ne sont pas seulement mues par la soif d'absolu ou l'envie de pouvoir mais aussi par le désir. C'est dans cette double nature des personnages que réside la force d'attraction de Foxfire.
Cantet a choisi ses actrices parmi des jeunes filles inexpérimentées avec le même bonheur que pour Entre les murs… Raven Adamson et ses camarades se meuvent dans cet univers flottant entre histoire et utopie avec une aisance à couper le souffle. Ce sont elles qui font oublier les artifices du scénario et font passer les démonstrations politiques un peu systématiques. Elles, finalement, qui raniment la flamme de la révolte.

Le Monde

Un film poignant sur la perte des idéaux.
La mise en scène fluide et en perpétuel mouvement de Laurent Cantet donne à ressentir leur fiévreuse excitation. Toutefois ce que cherche le cinéaste, c'est d'abord de décrire à quel  point la réalité du quotidien vient à balayer les utopies adolescentes.(...)
Comment ne pas trahir ses idéaux? Lutter contre l'injustice sociale implique-t-il d'outrepasser la loi et d'enterrer ses remords? Autant de questions passionnantes, déjà ancrées dans le bouquin de Joyce Carol Oates, auxquelles cantet donne du relief. Son plaidoyer féministe doit aussi beaucoup à sa troupe d'actrices. A commencer par Raven Admason, l'interprète de Legs : frêle silhouette et coupe garçonne, elle a le charisme de celles qu'on suivrait au bout du monde.

Studio Ciné Live

Interview de Laurent Cantet

FOXFIRE est une adaptation d’un roman de Joyce Carol Oates. Dans quelle mesure lui est-il fidèle ?

Le film est plus rigoureusement chronologique que le roman. La structure du livre épouse la logique floue de la mémoire : quelques années après la dissolution du gang, Maddie tente d’en reconstituer l’histoire. Dans certaines versions du scénario, puis du montage, j’ai pu tenter, avec Robin Campillo, de retrouver cette forme éclatée.
Mais nous y avons renoncé, au profit de la restitution minutieuse de la naissance, de la vie et de l’atomisation d’une bande. Je voulais rester au plus proche de l’énergie des filles, même si le personnage de Maddy, à travers quelques passages en voix off, dit ses vertiges face aux souvenirs parfois confus qu’elle garde de ce moment pourtant crucial de sa vie.

Avez-vous été tenté par une transposition contemporaine ?

Nous avons vite compris que ce serait une mauvaise idée.
L’histoire de ces filles n’est possible qu’à une époque où le contrôle social sur les adolescents ne s’exerçait pas aussi fortement qu’aujourd’hui. La liberté d’alors ne m’intéressait d’ailleurs pas seulement pour des raisons sociales et politiques : elle était indispensable à la narration.
Difficile d’imaginer en 2012 des adolescentes acheter une voiture, louer une maison et s’y installer sans que des parents ou des institutions sociales s’en mêlent.

Il y a toutefois une surprise à voir Laurent Cantet faire un film d’époque.

C’est l’autre raison pour laquelle j’ai renoncé à la transposition. Je voulais adapter la méthode de tournage que nous avions mise au point sur ENTRE LES MURS à un film qui ne s’y prêtait pas a priori. Voir si l’on pouvait mettre en scène d’une manière décomplexée une époque - les années 1950 américaines - qui, de surcroît, nous renvoie tous à un nombre considérable de clichés de cinéma qui ont marqué notre imaginaire.
Beaucoup de films historiques ont quelque chose de muséographique, particulièrement dans leurs décors et costumes (dont chaque détail se doit d’être « period » comme on dit en anglais) ou dans un langage qui s’efforce d’intégrer des expressions d’époque. Nous avons donc décidé de traiter l’histoire en « l’actualisant » : non pas en la transposant de nos jours, mais en la traitant au présent, sans chercher à prouver à chaque plan que nous sommes bien dans les années 1950. La mise en scène elle-même fait le grand écart entre une forme de classicisme dans sa façon d’aborder le récit et un traitement très brut (caméra à l’épaule, cadrages « documentaires »).
Du coup, tant par sa facture que par ses thèmes, le film vise à une forme d’atemporalité.

Comment voyez-vous les années 1950 ? Comme le temps de l’innocence, celui des horizons bouchés, ou la préhistoire de ce qui reste à naître ?

J’ai voulu prendre à rebrousse-poil l’imagerie du « rêve américain », qui proclame que l’avenir est radieux et que tout est désormais possible. L’Amérique qui m’intéresse est bien plus celle que décrit Howard Zinn dans Une Histoire populaire des États-Unis : une histoire
qui ne se résume pas à celle d’une Amérique victorieuse et d’un libéralisme économique triomphant, mais qui s’est bâtie autour de la lutte des classes, du mouvement des droits civiques, des grèves, du pacifisme et des désobéissances. Theriault, le vieil homme qui raconte les congrès communistes auxquels il a assisté, est l’incarnation de cette histoire : celle des laissés-pour-compte, des oubliés, qui décident de se construire une vie envers et contre tout.
Montrer le revers du rêve américain, c’est aussi donner à voir la naissance de rêves concurrents. D’un côté, le bonheur forcé et consumériste que maudit Theriault ; de l’autre, une bande de gamines qui, comme le dit Maddy, veulent « avaler le ciel » et « ouvrir l’horizon ».

Quel sens y a-t-il aujourd’hui à revenir à cette époque ?

Les luttes d’alors nous renvoient immanquablement à celles d’aujourd’hui. L’atemporalité que recherche le film relève de cette intuition. Les premiers jours du tournage ont coïncidé avec les émeutes anglaises d’août 2011 - j’hésite à employer le mot « émeutes », qui sert souvent à vider une révolte de sa dimension politique… En lisant les journaux, j’avais la conviction qu’aujourd’hui, Legs et les filles de sa bande auraient été dans les rues de Londres. Les luttes se font écho et se succèdent jusqu’à nous.

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