Un film inattendu, proche du meilleur du ciné indépendant US.
(…) En démythifiant cette époque, Cantet donne une ampleur romanesque à ces gamines qui apparaissent atemporelles.
Le Soir
Le film de Laurent Cantet évoque l'Amérique des années 50, à travers le prisme d'un gang de filles. Une démarche cinématographique humaine et politique, qui résonne avec le présent.
La reconstitution est d’une grande sobriété, le jeu des jeunes actrices résolument naturaliste, la tentation du pathos réduite à sa plus simple expression. Quant à la mise en scène, fluide et précise, elle se fait oublier au point d’engendrer subtilement une impression par endroits quasi documentaire.
(…)
Foxfire, confessions d’un gang de filles prend une modernité certaine, éveillant des échos de révoltes plus récentes, comme celles de "Ni putes ni soumises” dans les cités françaises, ou des Pussy Riot défiant tout à la fois l’Eglise et Poutine... L’universalité du film venant de son côté intemporel, de sa force intérieure due à ces filles qui l’animent et dont certaines (Raven Adamson en Legs, surtout) cannibalisent l’écran.
Focus Vif
Tout au long de ce récit passionnant, Laurent Cantet plonge au cœur de l’adolescence, en montre son potentiel d’imagination, sa force d’idéal, sa recherche de solidarité, sa capacité d’inventer de nouveaux modèles.
La Libre Belgique
L'intelligence du casting alliée à un engagement de jeu très anglo-saxon et à une direction d'acteurs impeccable confirment à nouveau le savoir-faire de Laurent Cantet quand il s'agit d'exposer les lignes de force d'un groupe.
Positif
Hautement sensuelles et farouchement contestataire, ces "Confessions d'un gang de filles" hanteront longtemps les rêves, et les cauchemars, des spectateurs.
Marianne
Attentif à ne surtout pas glorifier ses héroïnes, Laurent Cantet traque, sur un tempo de thriller à la tension parfois terrible, les limites les plus contestables de leur révolte, aidé dans sa démarche par une magistrale troupe d'actrices, majoritairement non professionnelles. Jusqu'à un épilogue en forme d'uppercut, dont le souffle follement épique empoigne autant qu'il interroge.
Première
Laurent Cantet reste fidèle à ses obsessions : peinture de l'adolescence, rapports de pouvoir et de classe, puissance du lien familial. (...)
Laurent Cantet joue à fond la carte du romanesque, met sa mise en scène au service de son histoire et filme avec justesse, ampleur et coeur la défaite de ces petites soeurs, qui sont aussi les nôtres.
Le Nouvel Observateur
Ces Foxfire telles que filmées par Cantet apparaissent comme les ancêtres des Femen, et autres Pussy Riot plutôt que comme les grandes soeurs des féministes seventies. Ainsi, bien que situé dans les années 50, Foxfire est d'une brûlante contemporanéité. (...)
Foxfire explose les murs de l'école, littéralement et métaphoriquement, les gamines font sécession et Cantet les filme résolument "au présent", faisant corps avec leur élan, leurs conflits, leurs hésitations, se plaçant à leur hauteur, sans avance ni jugement.
Et s'il n'est pas un grand formaliste, le pouvoir d'attraction de ses films est réel et se situe ailleurs, peut-être justement dans le refus d'exhiber une toute-puissance de mise en scène.
Les Inrockuptibles
Joyce Carol Oates et Laurent Cantet ont placé des adolescentes qui ne sont pas seulement mues par la soif d'absolu ou l'envie de pouvoir mais aussi par le désir. C'est dans cette double nature des personnages que réside la force d'attraction de Foxfire.
Cantet a choisi ses actrices parmi des jeunes filles inexpérimentées avec le même bonheur que pour Entre les murs… Raven Adamson et ses camarades se meuvent dans cet univers flottant entre histoire et utopie avec une aisance à couper le souffle. Ce sont elles qui font oublier les artifices du scénario et font passer les démonstrations politiques un peu systématiques. Elles, finalement, qui raniment la flamme de la révolte.
Le Monde
Un film poignant sur la perte des idéaux.
La mise en scène fluide et en perpétuel mouvement de Laurent Cantet donne à ressentir leur fiévreuse excitation. Toutefois ce que cherche le cinéaste, c'est d'abord de décrire à quel point la réalité du quotidien vient à balayer les utopies adolescentes.(...)
Comment ne pas trahir ses idéaux? Lutter contre l'injustice sociale implique-t-il d'outrepasser la loi et d'enterrer ses remords? Autant de questions passionnantes, déjà ancrées dans le bouquin de Joyce Carol Oates, auxquelles cantet donne du relief. Son plaidoyer féministe doit aussi beaucoup à sa troupe d'actrices. A commencer par Raven Admason, l'interprète de Legs : frêle silhouette et coupe garçonne, elle a le charisme de celles qu'on suivrait au bout du monde.
Studio Ciné Live