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C.R.A.Z.Y.

Sortie le 21/06/2006
Disponible également en DVD

Synopsis

L’histoire touchante, sensible et drôle d’un petit garçon qui, pour ne pas perdre ce qu’il a de plus précieux au monde, l’amour de son père, va renier avec acharnement sa nature profonde.
C.R.A.Z.Y. raconte l’histoire de Zachary Beaulieu, de sa naissance le 25 décembre 1960 jusqu’à l’âge adulte; un portrait de famille qui dépeint avec humour et fantaisie l’incroyable périple de Zac, quatrième d’une famille de cinq garçons, qui grandit dans une famille de gars auxquels il tente désespérément de ressembler. L’histoire touchante, sensible et drôle d’un petit garçon qui, pour ne pas perdre ce qu’il a de plus précieux au monde, l’amour de son père, va renier avec acharnement sa nature profonde.

Format: unknown
Durée: 125 min.
Pays: Canada
Année: 2006
Support: 35mm

Tag: Adolescence, Famille, Enfance, Homosexualité, Drogue, Comédie dramatique

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InfoCulture :
Votre film C.R.A.Z.Y., qui raconte les joies et les problèmes d’une famille québécoise de banlieue sur une période d’une trentaine d’années et, plus particulièrement, la difficulté qu’éprouve un père à accepter la différence de son fils Zachary, contient-il des éléments autobiographiques ?

Jean-Marc Vallée :
L’histoire est librement inspirée de la vie de François Boulay, mon coscénariste, et de ses souvenirs avec son père et ses quatre frères. En cours de route, je voulais aussi m’éloigner un peu de ce qu’il avait vécu, pour que le tout soit plus assumé. Les éléments sur l’identité sexuelle sont très proches de lui tandis que les conflits intérieurs sur les croyances religieuses et les expériences dans une famille de classe moyenne sont représentatifs de ma jeunesse. Il a fallu cinq années d’écriture pour terminer le scénario et 10 ans pour compléter le film.

InfoCulture :
Dans son traitement, relativement aux rêves d’enfant et au rapport à la narration, C.R.A.Z.Y. évoque Léolo de Jean-Claude Lauzon. Partagez-vous cette opinion ?

Jean-Marc Vallée:
Avant de débuter le tournage, je m’amusais à dire que mon film était mon petit Léolo à moi. C’est vrai qu’il y a certaines analogies avec ce film, notamment sur le plan du rêve et de la famille. Nous avons même dû réduire le côté fantaisiste à la suite des demandes de Téléfilm Canada qui trouvait le projet trop ambitieux. Mais ces rêves sont essentiels à l’histoire puisqu’ils permettent à Zachary de s’évader pour qu’il puisse assouvir ses fantasmes et qu’il vive ses ambiguïtés. Avec C.R.A.Z.Y., je voulais aussi m’éclater et m’amuser à l’étape du montage.

InfoCulture :
De tous les films que vous avez tournés, celui-ci semble être le plus cinématographique, n’est-ce pas ?

Jean-Marc Vallée:
Absolument. Tout ce côté magique a été exploré avec des effets visuels transparents qui étaient avant tout au service de l’émotion. Du côté de la technique, nous avons utilisé tout ce qui s’offrait à nous et il y a eu un travail colossal à l’étape de la post-production. Nous nous sommes servis de ces effets pour montrer certains fantasmes d’où les brisures dans le son, la musique à contrepoint, toujours dans le but d’exploiter le médium.

InfoCulture :
Nous vous connaissons surtout pour le succès de votre long métrage Liste Noire que vous avez tourné en 1995 avec Michel Côté dans le rôle principal. C’était important pour vous de le retrouver et qu’il incarne le père de famille ?

Jean-Marc Vallée:
Plus j’écrivais le scénario avec François Boulay, plus je me rendais compte à quel point Michel Côté était la personne idéale pour interpréter ce rôle. Il est hallucinant. Autant ses personnages dans Cruising Bar ont été révélateurs de son talent de comique autant son rôle dans C.R.A.Z.Y. démontre son côté dramatique. Michel s’est de plus impliqué dans ce film à tous les niveaux et ce, dès la toute première fois qu’il a lu le scénario en 2000. Je tiens également à honorer les autres comédiens qui interprètent les membres de la famille Beaulieu et qui sont tous très talentueux.

InfoCulture :
Dans les scènes de réunions familiales, on retrouve souvent de nombreux personnages. Est-ce que cela a représenté un défi supplémentaire de diriger autant de personnes à la fois ?

Jean-Marc Vallée:
C’était effectivement très compliqué de gérer tout ce monde en même temps. La première scène que nous avons tournée était celle du party de Noël où se retrouvaient 30 à 50 figurants. Tout le monde parlait en même temps, c’était très difficile de diriger les comédiens. Je suis tombé malade à ce moment, je n’étais pas approchable et j’étais persuadé que je faisais de la merde. Puis, une semaine plus tard, les choses se sont clarifiées, j’ai repris le flambeau et tout est rentré dans l’ordre. En bout de course, ce tournage s’est avéré unique et exceptionnel. Tous les artisans se sont approprié l’histoire et avaient le désir commun de faire un grand film.

InfoCulture :
Les années 60 et 70 traitées dans le film sont de belles époques à tourner.

Jean-Marc Vallée:
Tout à fait. Les gens de ma génération deviennent nostalgiques en voyant C.R.A.Z.Y. Il se rappellent cette période d’insouciance où tout semblait permis. C’est un film sur notre enfance. Mais en même temps, je ne voulais pas qu’on mette trop l’accent sur le fait que c’est un film d’époque. Je voulais que le long métrage soit vrai avant tout et qu’il respire la vie. Dans ce sens, je crois que même si nous traitons de ces époques, C.R.A.Z.Y., qui est un hymne à la famille et à la tolérance, est aussi très actuel et c’est pourquoi il arrive à intéresser et à divertir toutes les générations confondues.

InfoCulture :
Vous parlez de tolérance. Zachary, le personnage principal, semble perturbé à propos de son orientation sexuelle. Croyez-vous que le film peut faire avancer la cause des jeunes gays qui ont de la difficulté à assumer leur situation ou à se faire accepter par les autres membres de leur famille ou par des amis ?

Jean-Marc Vallée :
Je le souhaite sincèrement. De jeunes adolescents se suicident parce qu’ils n’assument pas leur orientation sexuelle dans des milieux hostiles. Je serais très satisfait si le film pouvait au moins provoquer le débat ou même pousser la réflexion sur le propos et aider ces jeunes.

Merci à Info Culture
www.infoculture.ca

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