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38 témoins

Sortie le 14/03/2012

Synopsis

Alors qu'elle rentre d'un voyage professionnel, Louise découvre que sa rue a été le théâtre d'un crime. Aucun témoin, tout le monde dormait. Paraît-il.

Pierre, son mari, travaillait. Il était en mer. Paraît-il…

La police enquête, la presse aussi. Petit à petit, Louise apprend que trente-huit personnes ont vu ou entendu quelque chose, et que son mari fait peut-être partie de ceux-là...

Format: scope
Durée: 103 min.
Pays: Belgique, France
Année: 2012
Support: DCP, 35mm

La bande-annonce

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Une certaine idée de l'art tient ici, qui vaut pour aujourd'hui aussi bien que pour hier, et qu'on pourrait définir comme un humanisme de combat. Elle fait réaliser à Lucas Belvaux son plus grand film.

Le Monde

La conscience est-elle facile à filmer? Non, assurément. Mais Lucas Belvaux y parvient dans un captivant "38 témoins" où les suites d'un crime bouleversent un quartier du Havre.
Lucas Belvaux (filme) avec un sens aigu du suspense, un refus de toute émotion facile, une justesse dans l'expression des interrogations morales, et une âpreté que le jeu à la fois viscéral et retenu d'Yvan Attal relaie de captivante façon.

Focus Vif

(...) A la fois drame et polar, "38 témoins" bouscule par sa quête de vérité, met mal à l'aise car il confronte le spectateur à ses propres responsabilités, à son sens moral. Sans manichéisme, avec une minutie implacable.

Le Soir

(...) Un vrai regard, un vrai point de vue de cinéaste qui s‘interroge vraiment sur une thématique autour de ce fait divers. Une des grandes vertus du film c’est qu’il ose avoir un point de vue et une réflexion philosophique et se dégager du cinéma réaliste.

Hugues Dayez, RTBF

38 Témoins est un film sur la lâcheté collective et le courage d’un seul homme, Pierre, pilote du port qui paiera cher son aveu public.
Le 39e témoin, c’est évidemment le film. Qui développe sa façon singulière de tout voir, tout entendre, sans prétendre tout comprendre. C’est la matière de ce récit matérialiste qui bataille sur le front des grands malaises sociaux comme il se débat à l’arrière dans les petites peurs, conjugales ou autres.

Libération

Interview de Lucas Belvaux

 

Comment est née l'idée de ce film?

 

L'origine du film, c'est un livre inspiré d'un fait divers réel qui s'est passé à New York, dans le quartier du Queens, en 1964. C'ést le meurtre d'une jeune femme qui s'appelle Kitty Genovese, serveuse dans un bar de nuit, et qui, en sortant du travail à 3 heures du matin, a été agressée par un tueur en série qui l'a tuée. C'est un meurtre particulièrement horrible et long. Ca a duré à peu près 20 minutes entre le début de l'agression et sa mort.

Ce qu'il y a eu de particulier sur cet assassinat, ce qui l'a rendu célèbre, c'est qu'il y a eu 38 témoins. 38 personnes ont vu ou entendu quelque chose.  38 personnes ont compris qu'il se passait quelque chose de grave, et personne n'a rien fait. Personne n'a pris son téléphone pour appeler la police, personne n'est descendu dans la rue pour dire "qu'est-ce qu'il se passe" ou "arrêtez"... Rien. Elle aurait pu être sauvée, si quelqu'un avait ne fut-ce que ouvert sa fenêtre et crié, elle aurait été sauvée.  Personne n'a rien fait et elle est morte.

 

Pourquoi personne n'est intervenu?

 

Comme ça a été révélé par la presse, c'est devenu un gros scandale aux Etats-Unis. C'est à ce moment-là que le 911, numéro d'appel d'urgence, a été créé.

Le scandale a été tel que ça a provoqué beaucoup d'études sociologiques. On a parlé d'un syndrôme Kitty Genovese. Les conclusions ont été que plus il y a de témoins, moins on se sent responsable de ce qui se passe, et donc moins on a besoin ou envie d'intervenir.  Moi, cette réponse-là ne me satisfait pas.

Quand ça m'arrive, quand je suis en présence de ce genre de chose, je ne me dit pas que d'autres l'ont vu et vont téléphoner, j'interviens. Je n'ai jamais été confronté à quelque chose d'aussi grave, mais quand j'ai été confronté à quelque chose, j'ai fait quelque chose.

Moi je ne sais pas pourquoi le personnage principal n'a pas réagi, je n'ai pas d'avis là-dessus. Je ne saurai jamais pourquoi il n'a rien fait. C'est osbcur, c'est profond...

Peut-être qu'il faudrait 10 ans de psychanalyse, et peut-être que même ça ne suffirait pas. Même lui, probablement ne le sait-il pas. Ce qui m'intéresse, dans le film, c'est "après" : comment ça se passe après ça, comment lui vit avec ça, comment les autres vivent avec ça, comment la société vit avec ça.

 

Pensez-vous que ce film peut changer les gens?

 

Je pense qu'un film ne change jamais les gens. Je n'ai pas cette prétention-là. Mais je pense que chaque film fait partie du progrès. Ou de la régression, ça peut jouer dans l'autre sens aussi.  Les films, la littérature, la réflexion, la philosophie, etc... font qu'on parle des choses, qu'on pose les problèmes. Je pense que l'humanité en général est moins violente qu'il y a 1000 ans! Et que dans 1000 ans peut-être, on sera encore plus civilisés. Et peut-être que mes films auront un tout petit peu contribué à ça. Moins que les livres des grands philosophes, mais ça aura alimenté la discussion.

 

 

 

Est-ce juste de dire que votre film est un film très sombre?

 

C'est vrai que c'est un film sombre, mais ce n'est pas un film desespéré.  Sur la place de l'homme, sur ce qui fait l'humanité, le film n'est pas sombre parce qu'il dit quand même que l'homme est responsable de ses actes.  Et ça reste quand même quelque chose de plutôt optimiste.

 



Bruxelles
       Galeries (Galerie de la Reine, 26 à 1000 Bruxelles)
 Jeu. 17/05 (VF st Nl) : 13:30, 14:20, 17:45, 19:25, 22:30
 Ven. 18/05 (VF st Nl) : 13:30, 14:20, 17:45, 19:25, 22:30
 Sam. 19/05 (VF st Nl) : 13:30, 14:20, 17:45, 19:25, 22:30
       Vendôme (Chaussée de Wavre, 18 à 1050 Ixelles)
 Jeu. 17/05 (VO st Nl) : 13:40
 Ven. 18/05 (VO st Nl) : 13:40
 Sam. 19/05 (VO st Nl) : 13:40
Luxembourg
       Cinépointcom Marche (Place de l'Etang à 6900 Marche-en-Famenne)
 Ven. 18/05 (VF) : 19:00
 Sam. 19/05 (VF) : 19:00

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