| "La
Passion du Christ", phénomène du box-office.
LOS
ANGELES, 26 mars (AFP) - "La Passion du Christ" du réalisateur
Mel Gibson a été à la hauteur de la polémique
sans précédent qu'il a engendrée en devenant,
un mois après sa sortie, l'un des films les plus rentables
du cinéma américain de ces dernières années.
Depuis son
apparition sur les écrans d'Amérique du nord le
25 février, le film qui raconte les dernières heures
de la vie du Christ a récolté près de 300
millions de dollars et est resté en tête du box-office
pendant trois semaines consécutives. Il fait partie des
18 films les plus vus dans l'histoire des Etats-Unis.
"A ce
niveau il s'agit d'un phénomène que personne n'aurait
imaginé", a indiqué à l'AFP Marty Kaplan
de l'Université du sud de Californie.
Accusé
d'être un film à caractère antisémite
(les Juifs seraient à l'origine de la mort de Jésus)
et d'être à la limite de l'insupportable avec des
images excessivement sanguinolantes, ce film a déchaîné
la polémique dès l'annonce de son tournage, il y
a plus d'un an.
Ces controverses
sur le bien-fondé de réaliser un tel film ont pris
une telle ampleur au moment de sa sortie sur les écrans
américains que le film a pu aisément se passer d'une
campagne de promotion. Le travail de communication s'est fait
tout seul, note-t-on à Hollywood.
Le film a
changé "Hollywood pour toujours" selon un éditorial
du quotidien national USA Today, qui souligne que la campagne
sans précédent ayant entouré ce film sera
difficile à égaler.
"Hollywood
a ignoré pendant des années les demandes insistantes
du public américain pour des films à caractère
religieux avec une vision conservatrice", notait l'éditorial
pour expliquer ce succès. A cet égard une enquête
de Gallup montrait, en novembre 2003, que six Américains
sur dix voyaient dans la religion l'aspect le plus important de
leur vie.
Le film aura
permis à Mel Gibson, connu avant tout pour ses talents
d'acteurs ou de réalisateur dans des films d'action, d'accroître
considérablement sa notoriété. Pour preuve,
il vient d'être cité en tête des 100 personnes
les plus influentes par le magazine Forbes.
Pour Anthony
Mora, expert en images et en communication, Gibson a "donné
une leçon à Hollywood et a laissé l'industrie
du cinéma bouche-bée".
"C'est
un génie. Son film a occulté les Oscar et la campagne
pour l'élection présidentielle américaine.
C'est l'homme de l'année", selon lui.
Mais, à
plus long terme, Mel Gibson pourrait payer son succès en
étant désormais catalogué comme un chrétien
fondamentaliste, soulignent certains experts. Son long métrage
a notamment été critiqué, parfois avec virulence,
par des organisations chrétiennes ou juives. Jusqu'au prédicateur
du Vatican, le père franciscain Raniero Cantalamessa qui,
lors d'un sermon prononcé devant le Pape le 12 mars a souligné:
"la Passion est un film à blâmer s'il pousse
à croire que tous les juifs de l'époque et des époques
successives sont responsables de la mort du Christ", a-t-il
affirmé.
Back
|